CheikhAnta Diop, Volney et le Sphinx Contribution de Cheikh l'historiographie mondiale, Paris, Khepera/Prsence Africaine, 1996). Anta. Diop . Articles: Le "chamito-smitique" n'existe pas, in ANKH n01, fvrier 1992, pp. 51-58. Aristote et l'gypte ancienne, in ANKH n02, avril 1993, pp. 9-18. La Stle d'Iritisen ou le premier Trait d'Esthtique de l'humanit, in OBENGA Th : Cheikh Anta DIOP, Volney et le Sphinx Contribution de Cheikh Anta DIOP, Ă  l’histographie mondiale, paris prĂ©sence Africaine/Khepera, 1996, pp.225-233. DIOP, Ch A : Nations nĂšgre et culture-Paris, prĂ©sence Africaine, 1954,390p. cet ouvrage a Ă©tĂ© depuis rééditĂ© en 1964 et en 1979. Le professeur Jean DEVISSE Ă©tait un Author Théophile Obenga Title: Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx: Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale (French Edition) ISBN10: 2708706047 ISBN13: 978-2708706040 Format:.PDF .EPUB .FB2 Pages: Publisher: Khepera (1996) Language: French Size pdf: 1376 kb Size epub: 1857 kb Rating: 5.0 Votes: 292 Category: SĂ©nĂ©galaisCheikh Anta DIOP (, 1967, 1981). Il est impossible d'esquiver un tel dĂ©bat sur le fond. l. L'analyse artistique Cette mĂ©thode consistant Ă  dĂ©crire anatomiquement les peintures et sculptu- res, a Ă©tĂ© utilisĂ©e trĂšs tĂŽt (MORTON 1844, HAMY 1886 et 1907, CHANTRE 1905 et surtout PETRIE 1901, ainsi que VER- COUTTER et al.1976). I) GrĂ©goireet Volney, tous deux membres de la SociĂ©tĂ© des Amis des Noirs et abolitionnistes, s'appuient le premier sur ses convictions religieuses, le second sur ses convictions rĂ©publicaines reposant sur les principes de libertĂ©, Ă©galitĂ© et fraternitĂ© pour soutenir l'unitĂ© du genre humain, l'Ă©galitĂ© des races et pour combattre l'esclavage des Noirs. Cheikh CheikhAnta Diop, Volney et le Sphinx de ThĂ©ophile Obenga EN ARRÊT DE COMMERCIALISATIN PAR L'EDITEUR. 49,00 € TTC Ajouter au panier Description DĂ©tails du produit Avis (0) INDISPONIBLE. OUVRAGE EN ARRÊT DE COMMERCIALISATION PAR L'EDITEUR. 5 Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx - Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1996. PoĂšmes et Essais 1- StĂšles pour l’avenir (poĂšmes), Paris, PrĂ©sence Africaine, 1978. 2- Pour une Nouvelle Histoire, essai, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1980. 3- Sur le chemin des hommes. Essai sur P7xxUHU. Cheikh Anta Diop Le livre Nation nĂšgres et cultures », est le fruit de recherches phĂ©nomĂ©nales, menĂ©es par Cheikh Anta Diop, afin de restaurer l’histoire de l’Afrique noire longtemps occultĂ©e. À cette Ă©poque, le racisme scientifique, portĂ© par d’éminentes figures, Ă©tait enracinĂ© dans la sociĂ©tĂ© occidentale, et avait attribuĂ© au blanc l’ĂȘtre cartĂ©sien par excellence, la paternitĂ© de toutes les civilisations, et dĂ©fini le noir, comme un ĂȘtre primitif, Ă©motif, incapable de la moindre logique. Les Égyptiens de l’antiquitĂ© Ă©taient noirs C’est dans ce torrent de certitudes racistes, que Cheikh Anta Diop, jeune homme de 27 ans, va prendre l’idĂ©ologie dominante Ă  contre-pied, en affirmant que les Égyptiens de l’antiquitĂ©, prĂ©curseurs de la civilisation et des sciences Ă©taient des noirs. Il ne fait pas que l’affirmer, il le prouve. Cette thĂšse fit l’effet d’un sĂ©isme, et comme elle dĂ©rangeait, il fallait le faire taire. On ne peut cacher le soleil avec la main dit le proverbe africain. MĂȘme si l’universitĂ© de la Sorbonne rejette sa thĂšse en 1951, PrĂ©sence africaine Ă©ditera le livre en 1954. Nonobstant les preuves qui ne manquent pas dans son livre, des scientifiques pĂ©tris de prĂ©jugĂ©s essaieront par tous les moyens, de jeter le discrĂ©dit sur son travail. JugĂ©es trop rĂ©volutionnaires, certains intellectuels africains avaient du mal Ă  adhĂ©rer aux idĂ©es vĂ©hiculĂ©es dans le livre. AimĂ© CĂ©saire fut l’un des rares Ă  le soutenir. Dans discours contre le colonialisme », il qualifiera le livre de Cheick Anta Diop de livre le plus audacieux qu’un nĂšgre n’ait jamais Ă©crit » Il a fallu attendre le colloque de l’Unesco en 1974, pour que la plus grande partie de ses thĂšses soient finalement reconnus dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte Ă©tait africaine » telles furent les conclusions de ce sommet. Les preuves de la nĂ©gritude de l’Egypte antique Statue en grĂšs du pharaon Montouhotep II environ 2055-2004 avant JC, provenant de Deir elBahari, situĂ© sur la rive gauche du Nil face Ă  Louxor. Elle est exposĂ©e au MusĂ©e national Ă©gyptien au Caire. AFP – Luisa Ricciarini/Leemage Le combat fut de longue haleine, et pourtant, bien avant lui, la paternitĂ© de la civilisation Égyptienne avait Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la race noire. Dans les tĂ©moignages de savants grecs comme HĂ©rodote, Aristote, qui avait Ă©tĂ© des tĂ©moins oculaires, la peau noire et les cheveux crĂ©pus des Égyptiens Ă©taient mentionnĂ©s. Aristote disait d’eux qu’ils Ă©taient agan malane », pour dĂ©crire leur peau ce qui signifiait excessivement noir. Au 18e s, le comte de Volney, historien français, devant les Ă©vidences accablantes, tira les mĂȘmes conclusions Les Coptes sont donc proprement les reprĂ©sentants des Egyptiens et il est un fait singulier qui rend cette acception encore plus probable. En considĂ©rant le visage de beaucoup d’individus de cette race, je lui ai trouvĂ© un caractĂšre particulier qui a fixĂ© mon attention tous ont un ton de peau jaunĂątre et fumeux, qui n’est ni grec, ni arabe ; tous ont le visage bouffi, l’oeil gonflĂ©, le nez Ă©crasĂ©, la lĂšvre grosse ; en un mot, une vraie figure de MulĂątre. J’étais tentĂ© de l’attribuer au climat, lorsqu’ayant visitĂ© le Sphinx, son aspect me donna le mot de l’énigme. En voyant cette tĂȘte caractĂ©risĂ©e de nĂšgre dans tous ses traits, je me rappelais ce passage remarquable d’HĂ©rodote, oĂč il dit “Pour moi, j’estime que les Colches sont une colonie des Egyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crĂ©pus”, c’est Ă  dire que les anciens Egyptiens Ă©taient de vrais nĂšgres de l’espĂšce de tous les naturels de l’Afrique.» Une des autres preuves irrĂ©futables du caractĂšre nĂšgre des anciens Égyptiens, Ă©taient la couleur de leurs dieux. Osiris et Thot pour ne citer qu’eux Ă©taient noirs. Les reprĂ©sentations foncĂ©es des pharaons et les coiffures qu’ils arboraient, Ă©tayent aussi la nĂ©gritude de l’Égypte antique. voir les reprĂ©sentations de MENTOUHOTEP 1er et NÉFERTARI L’analogie va au-delĂ  des traits physiques et capillaires. Des valeurs propres Ă  l’Égypte antique, comme le totĂ©misme sont encore prĂ©sentes en Afrique noire, Une Ă©tude comparĂ©e linguistique, souligne des similitudes entre l’Égyptien et les langues africaines comme le Valaf et le Serereliste non exhaustive. Au vue de ces arguments, la conclusion est sans appel L’invention de l’écriture, des sciences nous la devons Ă  des noirs. La culture grecque qui a inspirĂ© la culture romaine, tire ses sources de l’Afrique nĂšgre. Pythagore est restĂ© en Egypte pendant 22 ans, de 558 Ă  536 av. J-C. Platon y est restĂ© de 399 Ă  387 av. C’est par consĂ©quent lĂ -bas, aux pieds des prĂȘtres Égyptiens, qu’ils ont puisĂ© le savoir qui a fait leur gloire. L’Egypte pharaonique qui a Ă©tĂ© leur institutrice pendant si longtemps fait partie du patrimoine du Monde Noir. Elle est elle-mĂȘme fille de l’Ethiopie. Et dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte Ă©tait africaine ». Donner Ă  l’homme noir la place qui lui revient dans l’histoire de l’humanitĂ© Le fait que ce pan de l’histoire de l’humanitĂ©, ait Ă©tĂ© balaye du revers de la main, Ă©tait liĂ© au besoin de justifier la colonisation. On invente alors le nĂšgre barbare, Ă  qui on apporte la culture. Cette propagande avait du mal Ă  accepter que la sociĂ©tĂ© africaine Ă©tait structurĂ©e et avancĂ©e, avant l’arrivĂ©e des colons. Que l’émancipation des femmes n’était pas un problĂšme. La sociĂ©tĂ© africaine Ă©tant matriarcale, les femmes occupaient des postes de responsabilitĂ©, bien avant que ce fut le cas en Europe. Le but de Cheikh Anta Diop en restituant cette vĂ©ritĂ©, Ă©tait de redonner au continent oubliĂ© ses lettres de noblesse. Il ne s’agissait pas d’éveiller des relents sous-jacents de complexe de supĂ©rioritĂ©, pouvant dĂ©boucher sur des formes nazisme. [
] la civilisation dont il [le NĂšgre] se rĂ©clame eĂ»t pu ĂȘtre créée par n’importe quelle autre race humaine – pour autant que l’on puisse parler d’une race – qui eĂ»t Ă©tĂ© placĂ©e dans un berceau aussi favorable, aussi unique” [Cheikh Anta Diop, Nations nĂšgres et Culture]. Loin d’ĂȘtre un raciste comme voulait le dĂ©crire ses dĂ©tracteurs, Cheikh Anta Diop Ă©tait un grand humaniste, qui a Ă©tĂ© reconnu comme tel. Son travail a consistĂ© Ă  combattre le racisme scientifique, et Ă  prouver que l’intelligence n’est nullement liĂ©e Ă  la couleur de peau. Il a remis en cause la conception de la race dominante, ce qu’on peut considĂ©rer comme un apport non nĂ©gligeable Ă  l’histoire de l’humanitĂ©. L’hĂ©ritage de Cheikh Anta Diop Des annĂ©es plus tard, comment contribuons-nous Ă  la propagation de l’hĂ©ritage colossal de Cheick Anta Diop ? Il prĂŽnait une Afrique unie, rassemblĂ©e, aprĂšs s’ĂȘtre forgĂ©e une identitĂ© forte qui servirait de fondation solide. OĂč en sommes-nous avec le panafricanisme ?Avec l’adaptation de nos langues aux rĂ©alitĂ©s et aux sciences comme il en a fait l’expĂ©rience avec le Valaf dans le livre ? Avec la dĂ©colonisation des mentalitĂ©s ? Force est de constater ,que ces sujets restent d’actualitĂ©. La tĂąche qui nous incombe aujourd’hui, est de contribuer TOUS Ă  l’émergence de notre continent, qui sera d’abord culturelle. Dans le domaine scolaire, nous devons implĂ©menter des manuels adapter Ă  nos rĂ©alitĂ©s. Adaptons nos langues aux rĂ©alitĂ©s modernes. Il ne s’agit pas de bannir les langues coloniales acquises, mais revaloriser les nĂŽtres et les adapter aux sciences modernes. C’est les pieds solidement ancrĂ©s dans ses racines, libre de toute aliĂ©nation, dĂ©tachĂ©e du joug du colonial, et de l’aliĂ©nation du colonisĂ©, que l’Afrique connaitra sa vraie valeur, et qu’elle pourra prendre sa place sur l’échiquier mondial. Cette refondation qui ne doit pas se faire dans une dĂ©marche belliqueuse, engendrera des africains fiers de leurs origines, qui prendront leur destinĂ©e en main. Culture Dans le hors sĂ©rie du » Point » Textes fondamentaux de la pensĂ©e noire » n° 22, mai 2009, la grande spĂ©cialiste disparue le 28 fĂ©vrier 2018 Ă  Paris prĂ©sentait l'auteur de Nations nĂšgres et culture ». Extrait du film Kemtiyu, SĂ©ex Anta », Cheikh Anta Diop d'Ousmane Mbaye qui revient sur la vie du chercheur sĂ©nĂ©galais, dont la spĂ©cialiste Lilyan Kesteloot avait analysĂ© l'Ɠuvre. © DR En 1954, l'historien et Ă©gyp­tologue sĂ©nĂ©galais Cheikh Anta Diop 1923-1986 publie Nations nĂšgres et culture, son ouvrage majeur, sous-titrĂ© De l'AntiquitĂ© nĂšgre Ă©gyptienne aux problĂšmes culturels de l'Afrique d'aujourd'hui ». Il entend y corriger les travaux fondateurs de l'Ă©gyptologie en se fondant sur les observations d'historiens grecs comme HĂ©ro­dote 484-425 av. et Dio­dore de Sicile Ier siĂšcle av. dont les travaux ont nourri la connaissance de l'Égypte pendant l'AntiquitĂ© et le Moyen Âge, et les travaux de savants oubliĂ©s ou marginalisĂ©s du XIXe siĂšcle, tel le comte Constantin de Volney 1757-1820. Ces travaux, il les confronte minutieusement Ă  ceux des vedettes de l'Ă©gyptologie, Ă  commencer par Champollion 1790-1832 et Maspero 1847-1916 dont il refuse les thĂšses. Sa mĂ©thode ? DĂ©montrer les erreurs d'interprĂ©tation, dĂ©noncer les illogismes et la mauvaise foi. De la mĂȘme façon, il compare ensuite les travaux des anthropologues et archĂ©ologues Ă  ses propres expĂ©riences de ter­rain » en Afrique sur la statuaire et les peintures des temples, sur les contenus religieux et politiques des documents hié­roglyphiques, sur les structures sociales et le systĂšme de parentĂ©, sur les formes de la grammaire et du lexique de l'Ă©gyptien ancien. Il ira jusqu'Ă  analyser l'Ă©piderme et la morphologie des momies conservĂ©es au Lou­vre et au Caire. Sa thĂšse les tenants de l'impĂ©rialisme occi­dental ont blanchi » l'Égypte, et ce Ă  seule fin de mieux domi­ner les peuples colonisĂ©s. Il s'attache ainsi Ă  dĂ©montrer que la civilisation grecque a empruntĂ© ses formes et son contenu Ă  la civilisation nĂšgre, en particulier Ă©thiopienne, via l'Égypte antique. Cette thĂšse, qui prend Ă  rebours l'Ă©gyptolo­gie officielle, ne trouva jamais vraiment grĂące aux yeux des scientifiques occidentaux. Une influence considĂ©rable Ayant créé un laboratoire de recherche archĂ©ologique Ă  l'uni­versitĂ© de Dakar, Cheikh Anta Diop est sollicitĂ© par l'Unesco pour participer en 1974 Ă  un colloque au Caire sur l'histoire africaine, oĂč sa volontĂ© de faire reconnaĂźtre l'Égypte noire » arrive Ă  convaincre plusieurs collĂšgues. Entre-temps, faute de trouver un jury, sa thĂšse est devenue un livre, publiĂ© dĂšs 1954 par les Ă©ditions PrĂ©sence africaine créées peu de temps auparavant Ă  Paris par le SĂ©né­galais Alioune Diop. Et trĂšs rapidement, elle s'est imposĂ©e auprĂšs de ses lecteurs d'origine africaine comme la preuve de la capacitĂ© des NĂšgres Ă  crĂ©er une grande civilisation ceux qui n'avaient pas d'histoire Ă©crite, selon les thĂšses rĂ©pan­dues de Hegel, en possĂ©daient dĂ©sormais une ; et contraire­ment Ă  ce que disaient les Blancs colonisateurs, la civili­sation africaine prĂ©existait aux civilisations europĂ©ennes. À la veille des indĂ©pendances, Nations nĂšgres et culture devint l'Ă©tendard d'une rĂ©volution culturelle que les NĂšgres agi­taient sous le regard scandalisĂ© d'une puissance coloniale se rĂ©signant mal Ă  lĂącher ses ter­ritoires d'outre-mer. L'influence de son auteur ne cessa alors de s 'Ă©tendre, notamment aux États-Unis oĂč son Ɠuvre fut traduite et connut une influence considĂ©rable dans le milieu intellectuel afro-amĂ©ricain. La pensĂ©e de Cheikh Anta Diop a ainsi donnĂ© naissance Ă  une nouvelle fiertĂ©, mais aussi Ă  une maniĂšre diffĂ©rente de trai­ter l'histoire africaine. Vision polĂ©mique et idĂ©ologique qui dĂ©borde parfois le champ stric­tement scientifique, mais qui va nourrir la revendication identitaire des Noirs en Afrique comme en Europe et en Amé­rique.* Lilyan Kesteloot, a Ă©tĂ© professeur Ă  l'universitĂ© de Dakar, elle a publiĂ© Histoire de la littĂ©rature nĂ©gro-africaine » Karthala, 2001. Je m'abonne Tous les contenus du Point en illimitĂ© Vous lisez actuellement Quand Lilyan Kesteloot commentait Cheikh Anta Diop Le livre Nation nĂšgres et cultures », est le fruit de recherches phĂ©nomĂ©nales, menĂ©es par Cheikh Anta Diop, afin de restaurer l’histoire de l’Afrique noire longtemps occultĂ©e. À cette Ă©poque, le racisme scientifique, portĂ© par d’éminentes figures, Ă©tait enracinĂ© dans la sociĂ©tĂ© occidentale, et avait attribuĂ© au blanc l’ĂȘtre cartĂ©sien par excellence, la paternitĂ© de toutes les civilisations, et dĂ©fini le noir, comme un ĂȘtre primitif, Ă©motif, incapable de la moindre logique. Les Égyptiens de l’antiquitĂ© Ă©taient noirs C’est dans ce torrent de certitudes racistes, que Cheikh Anta Diop, jeune homme de 27 ans, va prendre l’idĂ©ologie dominante Ă  contre-pied, en affirmant que les Égyptiens de l’antiquitĂ©, prĂ©curseurs de la civilisation et des sciences Ă©taient des noirs. Il ne fait pas que l’affirmer, il le prouve. Cette thĂšse fit l’effet d’un sĂ©isme, et comme elle dĂ©rangeait, il fallait le faire taire. On ne peut cacher le soleil avec la main dit le proverbe africain. MĂȘme si l’universitĂ© de la Sorbonne rejette sa thĂšse en 1951, PrĂ©sence africaine Ă©ditera le livre en 1954. Nonobstant les preuves qui ne manquent pas dans son livre, des scientifiques pĂ©tris de prĂ©jugĂ©s essaieront par tous les moyens, de jeter le discrĂ©dit sur son travail. JugĂ©es trop rĂ©volutionnaires, certains intellectuels africains avaient du mal Ă  adhĂ©rer aux idĂ©es vĂ©hiculĂ©es dans le livre. AimĂ© CĂ©saire fut l’un des rares Ă  le soutenir. Dans discours sur le colonialisme », il qualifiera le livre de Cheikh Anta Diop de livre le plus audacieux qu’un nĂšgre n’ait jamais Ă©crit » Il a fallu attendre le colloque de l’Unesco en 1974, pour que la plus grande partie de ses thĂšses soient finalement reconnues dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte Ă©tait africaine » telles furent les conclusions de ce sommet. Les preuves de la nĂ©gritude de l’Egypte antique 1Statue en grĂšs du pharaon Montouhotep II environ 2055-2004 avant JC, provenant de Deir elBahari, situĂ© sur la rive gauche du Nil face Ă  Louxor. Elle est exposĂ©e au MusĂ©e national Ă©gyptien au Caire. AFP – Luisa Ricciarini/Leemage Le combat fut de longue haleine, et pourtant, bien avant lui, la paternitĂ© de la civilisation Égyptienne avait Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la race noire. Dans les tĂ©moignages de savants grecs comme HĂ©rodote, Aristote, qui Ă©taient des tĂ©moins oculaires, la peau noire et les cheveux crĂ©pus des Égyptiens Ă©taient mentionnĂ©s. Aristote disait d’eux qu’ils Ă©taient agan malane » pour dĂ©crire leur peau ce qui signifiait excessivement noir. Au 18e s, le comte de Volney, historien français, devant les Ă©vidences accablantes, tira les mĂȘmes conclusions Les Coptes sont donc proprement les reprĂ©sentants des Egyptiens et il est un fait singulier qui rend cette acception encore plus probable. En considĂ©rant le visage de beaucoup d’individus de cette race, je lui ai trouvĂ© un caractĂšre particulier qui a fixĂ© mon attention tous ont un ton de peau jaunĂątre et fumeux, qui n’est ni grec, ni arabe ; tous ont le visage bouffi, l’Ɠil gonflĂ©, le nez Ă©crasĂ©, la lĂšvre grosse ; en un mot, une vraie figure de MulĂątre. J’étais tentĂ© de l’attribuer au climat, lorsqu’ayant visitĂ© le Sphinx, son aspect me donna le mot de l’énigme. En voyant cette tĂȘte caractĂ©risĂ©e de nĂšgre dans tous ses traits, je me rappelais ce passage remarquable d’HĂ©rodote, oĂč il dit Pour moi, j’estime que les Colches sont une colonie des Egyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crĂ©pus », c’est Ă  dire que les anciens Egyptiens Ă©taient de vrais nĂšgres de l’espĂšce de tous les naturels de l’Afrique.» Une des autres preuves irrĂ©futables du caractĂšre nĂšgre des anciens Égyptiens, Ă©taient la couleur de leurs dieux. Osiris et Thot pour ne citer qu’eux Ă©taient noirs. Les reprĂ©sentations foncĂ©es des pharaons et les coiffures qu’ils arboraient, Ă©tayent aussi la nĂ©gritude de l’Égypte antique. voir les reprĂ©sentations de MENTOUHOTEP 1er et NÉFERTARI L’analogie va au-delĂ  des traits physiques et capillaires. Des valeurs propres Ă  l’Égypte antique, comme le totĂ©misme sont encore prĂ©sentes en Afrique noire. Une Ă©tude comparĂ©e linguistique, souligne des similitudes entre l’Égyptien et les langues africaines comme le Valaf et le Serereliste non exhaustive. Au vue de ces arguments, la conclusion est sans appel L’invention de l’écriture, des sciences nous la devons Ă  des noirs. La culture grecque qui a inspirĂ© la culture romaine, tire ses sources de l’Afrique nĂšgre. Pythagore est restĂ© en Egypte pendant 22 ans, de 558 Ă  536 av. J-C. Platon y est restĂ© de 399 Ă  387 av. C’est par consĂ©quent lĂ -bas, aux pieds des prĂȘtres Égyptiens, qu’ils ont puisĂ© le savoir qui a fait leur gloire. L’Egypte pharaonique qui a Ă©tĂ© leur institutrice pendant si longtemps fait partie du patrimoine du Monde Noir. Elle est elle-mĂȘme fille de l’Ethiopie. Et dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte Ă©tait africaine ». Donner Ă  l’homme noir la place qui lui revient dans l’histoire de l’humanitĂ© Le fait que ce pan de l’histoire de l’humanitĂ©, ait Ă©tĂ© balayĂ© du revers de la main, Ă©tait liĂ© au besoin de justifier la colonisation. On invente alors le nĂšgre barbare, Ă  qui on apporte la culture. Cette propagande avait du mal Ă  accepter, que la sociĂ©tĂ© africaine Ă©tait structurĂ©e, et avancĂ©e, avant l’arrivĂ©e des colons. Que l’émancipation des femmes n’était pas un problĂšme. La sociĂ©tĂ© africaine Ă©tant matriarcale, les femmes occupaient des postes de responsabilitĂ©, bien avant que ce fut le cas en Europe. Le but de Cheikh Anta Diop en restituant cette vĂ©ritĂ©, Ă©tait de redonner au continent oubliĂ© ses lettres de noblesse. Il ne s’agissait pas d’éveiller des relents sous-jacents de complexe de supĂ©rioritĂ©, pouvant dĂ©boucher sur des formes nazisme. [
] la civilisation dont il [le NĂšgre] se rĂ©clame eĂ»t pu ĂȘtre créée par n’importe quelle autre race humaine – pour autant que l’on puisse parler d’une race – qui eĂ»t Ă©tĂ© placĂ©e dans un berceau aussi favorable, aussi unique” [Cheikh Anta Diop, Nations nĂšgres et Culture]. Loin d’ĂȘtre un raciste comme voulait le dĂ©crire ses dĂ©tracteurs, Cheikh Anta Diop Ă©tait un grand humaniste, qui a Ă©tĂ© reconnu comme tel. Son travail a consistĂ© Ă  combattre le racisme scientifique, et Ă  prouver que l’intelligence n’est nullement liĂ©e Ă  la couleur de peau. Il a remis en cause la conception de la race dominante, ce qu’on peut considĂ©rer comme un apport non nĂ©gligeable Ă  l’histoire de l’humanitĂ©. L’hĂ©ritage de Cheikh Anta Diop Des annĂ©es plus tard, comment contribuons-nous Ă  la propagation de l’hĂ©ritage colossal de Cheikh Anta Diop ? Il prĂŽnait une Afrique unie, rassemblĂ©e, aprĂšs s’ĂȘtre forgĂ©e une identitĂ© forte qui servirait de fondation solide. OĂč en sommes-nous avec le panafricanisme ?Avec l’adaptation de nos langues aux rĂ©alitĂ©s et aux sciences comme il en a fait l’expĂ©rience avec le Valaf dans le livre ? Avec la dĂ©colonisation des mentalitĂ©s ? Force est de constater que ces sujets restent d’actualitĂ©. La tĂąche qui nous incombe aujourd’hui, est de contribuer TOUS Ă  l’émergence de notre continent qui sera d’abord culturelle. Dans le domaine scolaire, nous devons implĂ©menter des manuels adapter Ă  nos rĂ©alitĂ©s. Adaptons nos langues aux rĂ©alitĂ©s modernes. Il ne s’agit pas de bannir les langues coloniales acquises, mais revaloriser les nĂŽtres et les adapter aux sciences modernes. C’est les pieds solidement ancrĂ©s dans ses racines, libre de toute aliĂ©nation, dĂ©tachĂ©e du joug du colonial, et de l’aliĂ©nation du colonisĂ©, que l’Afrique connaĂźtra sa vraie valeur, et qu’elle pourra prendre sa place sur l’échiquier mondial. Cette refondation qui ne doit pas se faire dans une dĂ©marche belliqueuse, engendrera des africains fiers de leurs origines, qui prendront leur destinĂ©e en main. Une contribution de GisĂšle Doh, fondatrice de l’Association les racines du baobab crĂ©atrice du blog QuatriĂšme de couvertureCheikh Anta Diop, l'auteur de Nations nĂšgres et culture et de Civilisation ou barbarie, a rendu Ă  l'Afrique noire entiĂšre son passĂ©, sa mĂ©moire collective, sa prĂ©sence formelle et active dans les diffĂ©rentes Ă©tapes de l'histoire universelle. Pour l'Afrique noire, assumer politiquement et culturellement son oeuvre, c'est entrer, debout, avec espoir, dans le XXIe siĂšcle. 1 aoĂ»t 2011 1 01 /08 /aoĂ»t /2011 0056 Le Colloque d’égyptologie scientifique dit Colloque du Caire », s’est dĂ©roulĂ© en 1974 sous l’égide de l’UNESCO, comme son nom l’indique, au Caire, en Egypte. Son objectif Ă©tait d’une part, de terminer la rĂ©daction du premier ouvrage encyclopĂ©dique consacrĂ© Ă  l’histoire de l’Afrique. D’autre part, il visait Ă  statuer sur l’origine du peuplement de l’Egypte ancienne sans oublier de faire le point sur le dĂ©chiffrement de l’écriture MĂ©roĂŻtique. MenĂ©e par le professeur sĂ©nĂ©galais Cheikh Anta Diop, la dĂ©lĂ©gation africaine ne se composait que du professeur ThĂ©ophile Obenga pour diverses raisons. Leur mission Ă©tait de dĂ©fendre scientifiquement l’origine nĂ©gro-africaine du peuplement de l’Egypte. Face Ă  eux, plus de 22 savants venus des quatre coins du monde. Parmi lesquels on peut citer . Jean Leclant France, Professeur au CollĂšge de France, . H. de Contenson France, Chef de la Mission française d’archĂ©ologie en Ethiopie, . Jean Vercoutter France, universitĂ© de Lille, . J. Desanges France, ChargĂ© de confĂ©rence Ă  l’universitĂ© de Nantes, . P. VĂ©rin France, Chercheur Ă  Madagascar, . J. Yoyotte France, Directeur d’Etudes Ă  l’Ecole pratique des Hautes Etudes, . F. Anfray France, archĂ©ologue, . G. Mokhtar Egypte, ancien directeur du Service antiquitĂ© en Egypte, . A. Abu Bakr Egypte, SpĂ©cialiste Ă©gyptien de l’histoire ancienne de l’Egypte et de la Nubie, . S. Donanoni Italie, Professeur d’universitĂ© Ă  Rome, . K. Michalowski Pologne, Vice-directeur du musĂ©e national de Varsovie, . M. Posnansky Angleterre, Historien et archĂ©ologue, . A. Mahjoubi Tunisie, spĂ©cialiste de l’Afrique du nord, . J. E. G. Sutton Anglais, PrĂ©sident du DĂ©partement d’archĂ©ologie de l’universitĂ© d’Oxford, . P. Salama AlgĂ©rie, chercheur, . B. H Warmington Angleterre, SpĂ©cialiste de l’Afrique du nord et de la Rome antique, . Tekle Tsadik Mekouria Ethiopie, historien, . Y. Kobishanov Russie, Membre de l’acadĂ©mie des sciences en Russie, . A. M. H. Sheriff Tanzanie, MaĂźtre de confĂ©rence Ă  l’universitĂ© de Dar es Salam, . P. Van Noten Belgique, Conservateur au MusĂ©e Royal de PrĂ©histoire et d’ArchĂ©ologie, . B. W. Andah NigĂ©ria, archĂ©ologue, . N. M. ShĂ©rif Soudan, archĂ©ologue, etc... Les Actes de ce colloque, rapportĂ©s par le professeur Jean DEVISSE, sont publiĂ©s par l’UNESCO sous le titre "Le peuplement de l’Égypte ancienne et le dĂ©chiffrement de l’écriture mĂ©roĂŻtique - Histoire gĂ©nĂ©rale de l’Afrique, Études et documents 1, Paris, UNESCO, 1978". Il existe aussi un rapport de synthĂšse en annexe du Volume II de l’Histoire gĂ©nĂ©rale de l’Afrique Paris, Jeune Afrique/Stock/UNESCO, 1980, pp. 795-823. COLLOQUE DU CAIRE On voit ici le professeur T. Obenga centre, le professeur S. Sauneron Ă  sa droite et le professeur J. Leclan la main sur le menton Source Revue Ankh Lors de ce colloque, deux thĂšses se sont clairement affrontĂ©es 1- La premiĂšre dĂ©fend une progression premiĂšre du nord vers le sud et un peuplement indo-europĂ©en de l’Egypte antique. Il n’en demeure pas moins que la culture de l’Egypte antique reste fondamentalement africaine. Cette thĂšse est rĂ©sumĂ©e dans le rapport, par le passage ci-dessus "... la majoritĂ© des Ă©gyptologues VANDIER, 1952, p. 22 estime que la population primitive qui occupe la vallĂ©e du Nil Ă©gyptienne et nubienne, depuis le PrĂ©dynastique Badarien et Amratien ou Nagada I et jusqu’à la premiĂšre dynastie, appartient Ă  une race brune, "mĂ©diterranĂ©enne" ou encore "euro-africaine", souvent improprement appelĂ©e "hamite", ou encore "khamite". Cette population serait leucoderme, donc blanche, mĂȘme si sa pigmentation est foncĂ©e pouvant aller jusqu’au noir ; [...] Ce type [humain] serait donc d’origine africaine, sans ĂȘtre "nĂšgre" au sens oĂč on l’entend habituellement. Au demeurant mĂȘme les Ă©gyptologues convaincus du caractĂšre africain essentiel de la civilisation Ă©gyptienne insistent sur le fait que la population qui a créé cette civilisation n’était pas "nĂšgre" NAVILLE, 1911, p. 199 ; BISSING, 1929 ; FRANKFORT, 1950].". CHEIKH ANTA DIOP AU COLLOQUE DU CAIRE DĂ©monstration de la concordance de la conjugaison du verbe "kef" entre l’égyptien et le wolof 2- La deuxiĂšme thĂšsevise Ă  dĂ©montrer l’origine nĂ©gro-africaine de la civilisation Ă©gyptienne et est soutenue par les professeurs Diop et Obenga L’Egypte pharaonique, par l’ethnie de ses habitants, la langue de ceux-ci, appartient en totalitĂ©, des balbutiements nĂ©olithiques, Ă  la fin des dynastie indigĂšnes, au passĂ© humain des Noirs de l’Afrique", souligne Obenga. Le professeur Diop rappelle que c’est l’influence de l’idĂ©ologie coloniale Je suspecte les NĂšgres et en gĂ©nĂ©ral les autres espĂšces humaines d’ĂȘtre naturellement infĂ©rieurs Ă  la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation civilisĂ©e d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre par ses actions ou par sa capacitĂ© de rĂ©flexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturĂ©s, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des NĂšgres esclaves dispersĂ©s Ă  travers l’Europe, on n’a jamais dĂ©couvert chez eux le moindre signe d’intelligence », David HUME, qui poussent les savants Ă  Ă©chafauder des thĂšses se caractĂ©risant par le non-sens un individu Ă  peau noire et aux cheveux crĂ©pus ne peut ĂȘtre blanc. a Critiques mĂ©thodologiques des Actes du Colloque En toute objectivitĂ©, les Actes du colloque laissent, apparaĂźtre de sĂ©rieux vices dans leur conception. En effet, dans la rĂ©daction de prĂ©sentation des thĂšses en prĂ©sence, 120 lignes sont consacrĂ©es Ă  la thĂšse 1 et seulement 26 Ă  la thĂšse 2 soutenant l’origine nĂ©gro-africaine de l’Egypte. En introduction, Jean Devisse et Jean Vercoutter exprime largement leur thĂšse sur plusieurs pages alors que celle-ci a Ă©tĂ© battue en brĂšche par l’argumentation scientifique de Diop et d’Obenga et n’a finalement pas convaincu les spĂ©cialistes prĂ©sents. Une attitude juste exige que le document commence par l’exposĂ© de la thĂšse gagnante Ă  savoir celle dĂ©montrant l’origine nĂ©gro-africaine. Le rapporteur devrait ĂȘtre neutre et non pas prendre partie pour l’une ou l’autre des thĂšses. Cela fausse la rĂ©daction, surtout lorsque celui-ci s’avise Ă  rĂ©diger son avis personnel » aprĂšs avoir consacrĂ© 120 lignes Ă  la 1Ăšre thĂšse et seulement 26 Ă  l’autre. Enfin, pourquoi avoir consacrĂ© en dĂ©but de rĂ©daction, autant de pages Ă  la communication de Vercoutter dĂ©montrant en rĂ©sumĂ©, qu’en Afrique noire, les nĂšgres ont toujours Ă©tĂ© minoritaires si c’est pour apprendre plus loin que les spĂ©cialistes prĂ©sents ont reconnu que ces thĂšses, dans leur forme rigide et absolue, constituaient un pas en arriĂšre d’une trentaine d’annĂ©es et ne pouvaient conduire qu’à un coup d’épĂ©e dans l’eau ? Si ce n’est que pour influencer d’emblĂ©e le lecteur profane ? b Les donnĂ©es du colloque 1- La thĂšse de l’origine nĂ©gro-africaine de l’Egypte antique ThĂšse gagnante du colloque Le professeur Cheikh Anta DIOP, rappelle que les dĂ©couvertes du professeur LEAKEY dĂ©montre l’origine africaine de l’humanitĂ©. Cette humanitĂ© a pris naissance en Afrique, dans la zone des grands Lacs, induisant un premier peuplement humain de la Terre ethniquement homogĂšne et forcĂ©ment nĂšgre ; en raison de la loi du professeur Gloger. Cela inscrit le peuplement de la vallĂ©e du Nil dans un mouvement progressif allant du sud vers le nord et qui s’est Ă©chelonnĂ© du PalĂ©olithique supĂ©rieur Ă  la Protohistoire. Ainsi, le fond de la population Ă©gyptienne prĂ©dynastique Ă©tait nĂšgre. Il prĂ©sente alors les arguments prouvant l’origine nĂšgre des anciens Égyptiens l’examen des peaux de momies " le professeur DIOP a Ă©tudiĂ© un ensemble de prĂ©parations faites en laboratoire. Il s’agissait d’échantillons de peau prĂ©levĂ©s sur les momies provenant des fouilles de MARIETTE. Ils rĂ©vĂ©laient tous - et le professeur DIOP a soumis ces Ă©chantillons aux spĂ©cialistes participant au colloque - la prĂ©sence d’un taux de mĂ©lanine considĂ©rable entre l’épiderme et le derme. Or la mĂ©lanine, absente des peaux des leucodermes peau blanche, se conserve, contrairement Ă  ce qui est souvent affirmĂ©, des millions d’annĂ©es, comme l’ont rĂ©vĂ©lĂ© les peaux des animaux fossiles. Le professeur DIOP a souhaitĂ© pouvoir effectuer le mĂȘme type de recherche sur les peaux des pharaons dont les momies sont conservĂ©es au Caire ce qui lui a Ă©tĂ© par la suite refusĂ©." les mensurations ostĂ©ologiques et les groupes sanguins l’ostĂ©ologie fait des Ă©gyptiens des nĂšgres Canon de Lepsius. Leur groupe sanguin gĂ©nĂ©rique est B comme ceux des noirs et Ă  un moindre degrĂ©s O Ă  l’instar des blancs qui sont A 2. l’iconographie reprĂ©sente partout des nĂšgres tresses africaines en dĂ©gradĂ©es, posture, peau d’animaux sur le corps.... les tĂ©moignages des auteurs grecs et latins ceux des voyageurs tels que HĂ©rodote, Diodore de Sicile, Plutarque, etc..., qui attestent tous que les Egyptiens anciens Ă©taient des noirs... et aussi l’acadĂ©micien français VOLNEY, ou encore celui lĂ©guĂ© lors de son dessin du SPHINX Ă  l’époque en meilleur Ă©tat par Vivant DENON, durant l’expĂ©dition d’Égypte dirigĂ©e par BONAPARTE "Je n’eus que le temps d’observer le Sphinx qui mĂ©rite d’ĂȘtre dessinĂ© avec le soin le plus scrupuleux, et qui ne l’a jamais Ă©tĂ© de cette maniĂšre. Quoique ses proportions soient colossales, les contours qui en sont conservĂ©s sont aussi souples que purs l’expression de la tĂȘte est douce, gracieuse et tranquille ; le caractĂšre en est africain mais la bouche, dont les lĂšvres sont Ă©paisses, a une mollesse dans le mouvement et une finesse d’exĂ©cution vraiment admirable ; c’est de la chair et de la vie.", Vivant DENON, Voyage dans la Basse et la Haute Égypte pendant les campagnes du GĂ©nĂ©ral BONAPARTE, Paris, 1ere Ă©dition Didot l’AĂźnĂ©, 1802 ; réédition, Pygmalion/GĂ©rard Watelet, 1990, p. 109. Plus loin commentant l’art Ă©gyptien, il Ă©crit "Quant au caractĂšre de leur figure humaine, n’empruntant rien des autres nations, ils ont copiĂ© leur propre nature, qui Ă©tait plus gracieuse que belle. ... en tout, le caractĂšre africain, dont le NĂšgre est la charge, et peut-ĂȘtre le principe" op. cit., p. 168. les traditions biblique et coranique qui ont voulu que Kam, ou Cham soit l’ancĂȘtre des noirs Kam ou Cham venant de l’égyptien KMT, Kamit, KĂ©mit. Le professeur Diop rappelle que pour les Ă©crivains grecs et latins contemporains des Egyptiens de l’antiquitĂ©, l’anthropologie physique de ceux-ci ne posait aucun problĂšme les Egyptiens Ă©taient des NĂšgres Lippus Ă  cheveux crĂ©pus et aux jambes grĂȘles Cf. Aristote, Lucien, HĂ©rodote, Diodore de Sicile, Plutarque, Apollodore, Strabon, Eschille, Ammien Marcellin mais aussi, Champollion-Figeac, Volney, AmĂ©lineau, etc... ... Les Egyptiens n’avaient qu’un terme pour se dĂ©signer eux-mĂȘmes KMT, littĂ©ralement, les NĂšgres. C’est le terme le plus fort qui existe en langue pharaonique pour indiquer la noirceur. Ce mot est l’origine Ă©tymologique de la fameuse racine Kamit » qui a prolifĂ©rĂ© dans la littĂ©rature moderne. La racine biblique Kam » ; en dĂ©riverait. Il a fallu donc faire subir aux faits une distorsion pour qu’il puisse signifier blanc ; dans la langue des savants ... Enfin noir ou nĂšgre Ă©tait l’épithĂšte divine qui qualifie invariablement les principaux bienfaiteurs de l’Egypte ... Km-wr le grand Noir, surnom d’Osiris Athribis, Kmt dĂ©esse, la noire, Km est aussi appliquĂ© Ă  Hathor, Apis, Min et Thot, Set Kemet la femme noire, Isis. Le professeur Diop signale encore que ce hiĂ©roglyphe KMT, n’est pas Ă©crit avec des Ă©cailles de crocodiles mais avec un morceau de bois charbonneux. C’est en s’appelant eux-mĂȘmes KMTJW » Kemtiou que les Egyptiens se distinguaient des autres peuples. En matiĂšre de parentĂ© linguistique les mots Ă©gyptiens se rĂ©vĂšlent ĂȘtre identiques en Wolof exemple Kef empoigner en Ă©gyptien = saisir en Wolof, feh » ; s’en aller en Ă©gyptien = s’en aller prĂ©cipitamment en Wolof, etc.... Les coĂŻncidences hasardeuses sur une liste de mots interminable, ne peuvent plus ĂȘtre le fait du hasard. Le professeur Obenga rappelle qu’il est acquis que pour relier deux ou plus de deux peuples culturellement, les preuves linguistiques sont les plus Ă©videntes. A l’issue de sa longue dĂ©monstration scientifique et linguistique devant les spĂ©cialistes, il conclut que les rencontres morphologiques, lexicologiques et syntaxiques obtenues constituaient une preuve pĂ©remptoire de la parentĂ© Ă©troite de l’égyptien ancien et des langues nĂ©gro-africaines d’aujourd’hui. De telles rencontres Ă©taient impossibles entre le sĂ©mitique, le berbĂšre et l’égyptien. Il ajoute qu’un substrat culturel homogĂšne est nĂ©cessairement liĂ© Ă  un substrat ethnique homogĂšne en d’autres termes, si l’on reconnaĂźt que la civilisation Ă©gyptienne est fondamentalement africaine , sa population l’est forcĂ©ment tout autant. Sur le mĂȘme registre, le professeur Gordon-Jacquet, signale que les noms de lieu, c’est un phĂ©nomĂšne bien connu, sont extrĂȘmement vivaces et chacun des groupes linguistiques qui se succĂšdent dans une rĂ©gion y laisse sa marque sous la forme de toponymes, plus ou moins nombreux, suivant l’importance numĂ©rique de ce groupe et la durĂ©e de sa prĂ©dominance dans la rĂ©gion. Tout apport permanent important qui serait venu s’ajouter de l’extĂ©rieur Ă  la population Ă©gyptienne se serait forcĂ©ment reflĂ©tĂ© dans la toponymie du pays. Or ce n’est pas le cas. La toponymie Ă©gyptienne des extrĂȘmement homogĂšne elle se compose de noms dont l’étymologie peut, dans presque tous les cas, s’appliquer Ă  la langue Ă©gyptienne elle-mĂȘme Ceci rĂ©fute encore tout idĂ©e d’infiltration Ă©trangĂšre dans la population Ă©gyptienne antique et atteste bien qu’elle Ă©tait homogĂšne dans son aspect nĂ©gro-africain. Aucun participant n’a explicitement dĂ©clarĂ© qu’il soutenait l’ancienne thĂšse " d’un peuplement leucoderme Ă  pigmentation foncĂ©e pouvant aller jusqu’au noir " dont le professeur Vercoutter avait rappelĂ© l’existence dans la communication. Le consensus en faveur de l’abandon de cette thĂšse ancienne n’a Ă©tĂ© que tacite. Pour l’ensemble des participants, l’Egypte est essentiellement une civilisation africaine dans son Ă©criture, dans sa culture dans son tempĂ©rament et dans sa façon de penser Vercoutter, Leclant.... Le professeur Leclant Ă  notĂ© que des traits palĂ©oafricains importants mĂ©ritaient d’ĂȘtre Ă©tudiĂ©s dans la vie culturelle de l’Egypte. Il a citĂ© par exemple le babouin du dieu Thot et la constance dans l iconographie, des peaux de panthĂšre ; comme vĂȘtement rituel lors du culte rendu par Horus Ă  Osiris. Le professeur Gordon Jacquet Ă  montrĂ© que l’absence de mots d’emprunt prouve que les Ă©changes entre l’Egypte et la MĂ©sopotamie Ă  l’époque prĂ©dynastique et au dĂ©but de l’époque dynastique Ă©taient quasi-nuls. Le professeur Holthoer abonde en sons sens et y fait une dĂ©monstration linguistique. Le professeur Vercoutter a finalement reconnu l’homogĂ©nĂ©itĂ© des peuples africains vivant dans la vallĂ©e du Nil jusqu’aux limites sud du Delta. Le professeur Diop a rappelĂ© que le professeur Petrie avait dĂ©couvert Ă  Abydos une image reprĂ©sentant les Anou et montrĂ© que les principales villes Ă©gyptiennes comportent dans leur rĂ©daction l’insigne des Anou, le pilier ON ou IOU. Le professeur OBENGA poursuit la dĂ©monstration linguistique commencĂ©e par le professeur DIOP et montre Ă  partir de toute une sĂ©rie de dĂ©monstrations comment il serait possible dans le futur de "dĂ©gager un "nĂ©gro-Ă©gyptien" comparable Ă  l’"indo-europĂ©en". Mme GORDON-JAQUET souligne l’intĂ©rĂȘt d’une approche toponymique pour "Ă©tayer l’assertion suivant laquelle il ne s’est produit en Égypte aucune immigration ou invasion massive de populations Ă©trangĂšres depuis l’époque nĂ©olithique au moins". Le professeur Jean DEVISSE communique aux participants les rĂ©sultats d’une enquĂȘte iconographique relative Ă  trois manuscrits nouvelles acquisitions de la BibliothĂšque nationale française tĂ©moignant de la reprĂ©sentation d’Égyptiens libres "sous les traits et la couleur de Noirs". 2- L’origine Indo-europĂ©enne de l’Egypte thĂšse perdante Le professeur LECLANT "a insistĂ© sur le caractĂšre africain de la civilisation Ă©gyptienne. Mais selon lui, il convenait de bien distinguer "race" et culture, comme l’avait fait le professeur VERCOUTTER. Il considĂšre que "l’anthropologie physique, en Égypte, n’en est qu’à ses dĂ©buts" et "que le problĂšme du peuplement de l’Égypte ancienne Ă©tait considĂ©rable et ne pouvait ĂȘtre rĂ©solu, pour le moment, par une approche synthĂ©tique encore trĂšs prĂ©maturĂ©e". Pour le professeur GHALLAB, ce n’est qu’au "palĂ©olithique tardif que la race noire s’est manifestĂ©e de l’Atlantique Ă  la mer Rouge". "Une culture nĂšgre n’est apparue vraiment qu’au nĂ©olithique". Le professeur ABDALLA considĂšre pour sa part qu’il est "peu important de savoir si les Égyptiens Ă©taient des noirs ou nĂ©groĂŻdes le plus remarquable Ă©tait le degrĂ© de civilisation auquel ils Ă©taient parvenus. Il existait, a-t-il, dit des indices importants fournis par l’anthropologie physique concernant la prĂ©sence de Noirs dans le peuplement ancien, mais il Ă©tait abusif de gĂ©nĂ©raliser et de dire que ce peuplement Ă©taient entiĂšrement noir ou nĂ©groĂŻde". Il aborde ensuite le volet linguistique en indiquant qu’il n’a pas Ă©tĂ© convaincu par les dĂ©monstrations effectuĂ©es par le professeur DIOP "les similaritĂ©s signalĂ©es Ă©taient accidentelles [...] Les preuves fournies de parentĂ© plaideraient bien plus en faveur de la dispersion de l’égyptien ancien en Afrique que de sa parentĂ© avec les langues africaines actuelles". Pour lui, la langue Ă©gyptienne n’est pas une langue africaine directe ; elle appartenait Ă  un groupe proto-sĂ©mitique, et de nombreux exemples pouvaient ĂȘtre citĂ©s Ă  l’appui de cette dĂ©finition". Le professeur SAUNERON intervient au cours d’un vif Ă©change entre les professeurs ABDALLA et DIOP portant sur la traduction du terme Ă©gyptien KM Kemet, Kamit il confirme que ce terme dĂ©signe la couleur NOIRE, chose rĂ©cusĂ©e initialement par le professeur ABDALLA. Le professeur DEBONO informe que ses recherches dans la montagne thĂ©baine ont permis de prouver l’existence de l’homme le plus primitif. Il rappelle qu’un fragment de calotte crĂąnienne dĂ©couvert en 1962 au Gebel Silsileh nord de Kom-Ombo datant probablement du palĂ©olithique moyen "constituait la plus ancienne trace humaine dĂ©couverte en Égypte." Il prĂ©cise que ce mĂȘme site avait livrĂ© d’autres vestiges humains se rapportant respectivement au palĂ©olithique supĂ©rieur et Ă  l’épipalĂ©olithique. Les restes humains relatifs Ă  l’épipalĂ©olithique attestent, selon le professeur AGUIRÉ qui les a Ă©tudiĂ©s, "la prĂ©sence d’un cromagnoĂŻde apparentĂ© peut-ĂȘtre Ă  la race de Mekta el Arbi en Afrique du Nord et Asselar." S’agissant enfin du nĂ©olithique et du prĂ©dynastique, les fouilles menĂ©es Ă  El Omari dans le nord de l’Égypte, fournissent "de nombreux restes humains en bon Ă©tat de conservation." RĂ©fĂ©rence est faite Ă  l’étude du professeur DERRY sur les diffĂ©rences raciales entre le nord et le sud aux Ă©poques concernĂ©es. "Contrairement Ă  ceux du sud, les ossements d’El Omari s’apparentaient nettement Ă  la prĂ©tendue race nouvelle des constructeurs de la pyramide. Elle montrait des affinitĂ©s sans doute libyco-asiatiques. La civilisation mĂ©adienne, dont on a retrouvĂ© les cimetiĂšres, l’un Ă  MĂ©adi et l’autre Ă  HĂ©liopolis, a prouvĂ©, par les tĂ©moignages dĂ©gagĂ©s, l’existence d’une race assez semblable Ă  celle d’El Omari." Dans le domaine de l’iconographie, il pense qu’il doit ĂȘtre possible de tirer des informations sur les contacts et les dĂ©placements entre peuples Ă  partir de comparaisons faites avec . les reprĂ©sentations iconographiques humaines figurines ou dessins sur les vases trouvĂ©es dans la rĂ©gion nord de l’Égypte Fayoum, MĂ©rimdĂ©, El Omari, en Haute-Égypte et en Nubie. . les nombreux dessins rupestres dĂ©couverts en Haute-Égypte, en Nubie et dans d’autres rĂ©gions de l’Afrique. S’agissant de l’aspect linguistique, il affirme l’utilitĂ© d’une reconstitution du langage prĂ©historique Ă©gyptien. Il aborde enfin la question du peuplement de la vallĂ©e du Nil par l’étude des industries lithiques leurs caractĂ©ristiques typologiques, leur rĂ©partition gĂ©ographique. 3- CONCLUSION DU COLLOQUE Aux thĂ©ories avancĂ©es, les professeurs DIOP et OBENGA ont tachĂ© de dĂ©montrer l’unitĂ© du peuplement de la vallĂ©e par des Noirs et les progrĂšs de ce peuplement du sud au nord." Dans le domaine linguistique, le rapporteur Ă©crit qu’un large accord s’est Ă©tabli entre les participants". "Les Ă©lĂ©ments apportĂ©s par les professeurs DIOP et OBENGA ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme trĂšs constructifs. ... Plus largement, le professeur SAUNERON a soulignĂ© l’intĂ©rĂȘt de la mĂ©thode proposĂ©e par le professeur OBENGA aprĂšs le professeur DIOP. L’Égypte Ă©tant placĂ©e au point de convergence d’influences extĂ©rieures, il est normal que des emprunts aient Ă©tĂ© faits Ă  des langues Ă©trangĂšres ; mais il s’agit de quelques centaines de racines sĂ©mitiques par rapport Ă  plusieurs milliers de mots. L’égyptien ne peut ĂȘtre isolĂ© de son contexte africain et le sĂ©mitique ne rend pas compte de sa naissance ; il est donc lĂ©gitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique." S’agissant de la culture Ă©gyptienne "Le professeur VERCOUTTER a dĂ©clarĂ© que, pour lui, l’Égypte Ă©tait africaine dans son Ă©criture, dans sa culture et dans sa maniĂšre de penser. Le professeur LECLANT a reconnu ce mĂȘme caractĂšre africain dans le tempĂ©rament et la maniĂšre de penser des Égyptiens. Ainsi, Les thĂšses dĂ©fendues par les professeurs Diop et Obenga ont finalement Ă©tĂ© approuvĂ©es par tous les participants sauf un. En conclusion, le rapport officiel du Colloque stipule que "La trĂšs minutieuse prĂ©paration des communications des professeurs Cheikh Anta DIOP et OBENGA n’a pas eu, malgrĂ© les prĂ©cisions contenues dans le document de travail prĂ©paratoire envoyĂ© par l’UNESCO, une contrepartie toujours Ă©gale. Il s’en est suivi un vĂ©ritable dĂ©sĂ©quilibre dans les discussions." souce africamaat

cheikh anta diop volney et le sphinx